Une année sabbatique?

J’ai mis du temps à savoir si j’allais publier cet article ou non. J’avais peur des remarques du genre : elle raconte trop sa vie, on s’en fout, pourquoi tu ressens besoin de la dire à tout le monde? Des questions auxquelles je n’ai pas forcément la réponse. C’est comme ça. Et puis cet article prêtera forcément à discussion, critiques ou remarques et je l’entends. Car cet article explique pourquoi j’arrête de travailler pour prendre une « année sabbatique ». Mais cet article aidera aussi, je l’espère, d’autres personnes.

Rappelez-vous, en janvier, j’avais parlé de l’enterrement professionnel dans un Article. 

Vous aviez été nombreux à le lire et le commenter et je vous en remercie. Après m’être laissé une chance de rebondir, je me suis rendue compte que c’était bien plus profond que cela. J’ai été très bien accueillie dans mon nouveau travail mais j’ai eu d’énormes difficultés à m’y investir. Pourquoi? Comment? Serait-ce le début d’un tournant? D’une crise de la trentaine?

Ma vision du travail

En moyenne, je suis au travail 8 heures par jour. Je dors environ 9 heures par nuit et consacre 2 heures de temps à manger. Il me reste donc véritablement 5 heures pour faire tout le reste et surtout profiter. Clarysse est chez la nounou de 8h à 18h. On passe maxi 2 heures par jour ensemble et on fait le bain et on mange, il nous reste grosso modo 30 min pour jouer et lire.

Bref … on est nombreux dans ce cas-là. Mais dites vous que ce temps est encore moins apprécié et moins bien vécu quand vous n’avez pas passé une bonne journée et que vous n’arrivez pas à cloisonner entre votre journée au travail et votre vie de famille.

Le travail, ça a été, pour moi, un moyen pour m’accomplir. Un moyen de prendre l’ascenseur social comme je disais et de grimper les échelons dans la société. J’ai des diplômes, des compétences recherchées sur le marché, j’ai tout fait pour être employable et j’ai toujours eu des postes de cadres ou à responsabilités. Génial non?

Et puis un jour tu te poses et tu te demandes ce que tu aimes faire dans ta vie. Si tu aimes ton travail et si tu aimes ce que tu fais. Rends-tu service à quelqu’un quand tu fais ça? Contribues-tu à faire le bien autour de toi? Es-tu passionnée?

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Autant de questions que je me suis posée. Et vu le temps qu’on passe au travail, je pense vraiment que le travail doit être une source d’épanouissement. Ou du moins, je pensais que c’était le cas pour moi jusqu’à ce que je me rende compte que non.

Aujourd’hui, je sais donc que travailler ne doit pas être seulement un moyen pour moi de gagner ma vie mais aussi de m’accomplir pleinement en tant que femme mais aussi en tant que maman. Trouver dans mon travail des choses que j’aime, qui m’anime et que me font aller de l’avant.

En me posant toutes ces questions, j’ai compris que je n’étais pas à ma place et que j’allais avoir du mal à avancer maintenant.

Parce que c’est moi, c’est ma personnalité et c’est mon caractère. Et, une fois de plus, je n’oublie pas d’où je viens. J’envie ces personnes qui arrivent à faire abstraction du plaisir au travail pour simplement travailler pour prendre du plaisir à côté. Mais moi, je n’y arrive pas.

Le risque à prendre

Je pense que quand quelque chose change dans notre vie, on a tendance à remettre en cause pas mal de choses de manière superficielle ou alors plus profonde. Qu’on vive l’arrivée d’un enfant dans notre vie, la maladie ou encore la perte d’un être cher, on a tendance à toujours se dire qu’on ne profite pas assez de la vie. Je pense que moi, je fais la crise de la trentaine avec en plus l’arrivée d’un enfant.

Dans mon parcours pro, j’ai fait une prépa HEC car un professeur en terminale m’a dit que je devrais faire ça. Quand, en 2010, j’ai eu une proposition de poste à la sortie des études, j’ai foncé, sans me poser de questions. J’ai toujours pris mes postes en regardant le salaire à la fin de l’année plutôt que réellement les missions proposées. J’ai même accepté des postes tout en ayant de réelles difficultés voir aversions envers certaines missions.

Je ne me suis jamais posée pour me dire vraiment : tu veux faire quoi de ta vie?

Et aujourd’hui, j’ai décidé de prendre ce risque là. Réfléchi, longuement, pesé, longuement, en co-décision bien sur avec l’entourage. Parce que je ne suis pas seule.

Cet article avait donc vraiment pour vocation à vous dire que si vous êtes dans un cas similaire, alors vous n’êtes pas seul. Quand j’ai commencé à parler autour de moi de ma volonté de faire un stop pour y voir plus clair, vous seriez étonnés de savoir le nombre de personnes qui m’ont confiées être mal au travail, faire ça seulement pour l’argent et s’ennuyer.

Mesurer le risque financier

Je ne suis pas née avec une cuillère en argent dans la bouche. Bien loin de là. Je viens d’un milieu modeste. Je sais ce que c’est que d’avoir envie de quelque chose qu’on ne peut pas avoir, que d’aller au restaurant du coeur et de voir sa mère pleurer car elle ne sait pas comment bouclé ses fins de mois. Je sais et je n’ai pas oublié. Mais même si c’était dur, c’est une période de ma vie où j’ai souvenir d’avoir été très vivante et heureuse.

En conséquence, je ne fais pas un caprice de star ou de divas et bien sur que je comprends toutes les personnes qui galèrent dans la vie. Je n’ai pas oublié. D’ailleurs, c’est toujours ça qui a animé mon quotidien et mes choix : sortir de la galère.

J’ai toujours dit, avec audace, quand je serais grande, je gagnerais de l’argent pour sortir de tout ça. A 31 ans, contrat rempli. Niveau d’épanouissement au travail après 10 ans de « carrière » : point mort.

Aussi, quand on prend cette décision, il est bien sûr essentiel de bien mesurer le risque derrière encore plus quand on a une famille. On ne quitte pas un job dans lequel on ne s’épanouit pas pour aller se faire du souci ailleurs. On doit prendre cette décision à deux, à trois ou quatre.

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Et quand la santé part en vrille

Je pense que mes problèmes de santé ne sont pas là par hasard et qu’ils m’ont permis aussi d’y voir un peu plus clair. Cela m’a permis aussi d’être plus alerte sur mon organisation générale. A vouloir tout faire, tout vite, tout bien, tu tombes dans le ravin parfois.

Quand le dimanche soir tu as mal au ventre et que le lundi matin tu ne veux plus chanter dans ta voiture ou sortir de ton lit (et promis j’ai pas bu ce week-end) alors il est grand temps de se poser les bonnes questions.

Mais alors tu vas faire quoi?

C’est bien sur la question essentielle. A laquelle je n’ai même pas la réponse au moment où j’écris cet article.

Je vais commencer par revivre, profiter, rebondir comme j’ai toujours fait et préparer ma reconversion car je pense au plus profond de moi que ce sera le cas.

Reste à définir quoi maintenant ! Mais je n’ai plus peur.

« On a tous une zone de confort. L’endroit où on vit depuis des années, les amis qui sont à la porte d’à coté, le boulot que l’on connait par cœur, le bon salaire qui rentre tous les mois… Et pourtant pour certaines personnes, il manque toujours quelque chose, un souhait secret, une envie qui fait peur car elle peut sembler impossible à atteindre. C’est en sortant de cette zone de confort justement que l’on peut laisser la magie faire son travail. »

Aujourd’hui, j’ai décidé d’aller mettre Ko ma peur pour vivre mes envies !

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23 réflexions sur “Une année sabbatique?

  1. Barbara dit :

    Je me retrouve un peu dans ton article ! C’est pour cela que j’ai pris la décision de faire un bilan de compétences qui commence dans 1 semaine ! J’espère que tu arriveras à profiter et rebondir pour ton futur 🙂

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  2. couriretlire dit :

    Il y a 6 ans , avec mon mari , on a quitté le cocon confortable de la fonction publique pour se mettre en libérale…on nous a traité de fous, ça n’a pas été rose tous les jours …mais on fait ce qu’on veux QUAND on veut et on est disponible pour notre fils …on a plus cette sensation de passer à coté de sa vie.

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  3. Jenni dit :

    Coucou Sarah, j’ai lu et avec attention. Ne me demande pas pourquoi, mais les larmes sont montées. J’ai vécu bien pire que de ne plus chanter dans ma voiture le matin, j’en étais à un point ou sur une année on pouvait compter sur les doigts de la main, le nombre de jour ou je ne pleurais pas le matin.
    J’ai vécu le mobbing, l’humiliation…
    Depuis septembre j’ai commencé une formation et j’arrive au bout. Le 29 avril je commence une immersion pro pour 6 mois dans ce nouveau boulot. Ayant vécu des choses difficiles par le passé, j’avoue que j’appréhende mon arrivée à mon nouveau poste.
    Financièrement se serait impossible pour nous de faire une année sabbatique, même si c’est pas l’envie qui manque.

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  4. Max dit :

    Bonjour Sarah, effectivement je pense qu’il y a parfois un électrochoc qui nous fait prendre conscience de certaines choses. Nous avons beaucoup de similitudes dans notre parcours. Personnellement c’est la maternité qui m’a profondément changée et qui, comme toi, m’a fait me poser mille questions au niveau professionnel. Envie de donner du sens à mon travail, pour me sentir utile aussi. Pour moi, c’est de travailler dans le public qui m’a redonné goût au travail, en abandonnant le côté plus marketing pour revenir sur un pan très informationnel et d’accompagnement au changement.
    Je te souhaite un bon cheminement et profite bien de ces moments de « pause » pour te ressourcer !

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  5. Julie dit :

    Exactement la même chose pour moi et je suis en train de sortir de ma zone de confort pour me mettre à mon compte et changer du tout au tout.
    Pas évident de sauter le pas quand on est maman mais je me suis toujours dit que c’etait pour eux, pour qu’ils aient une maman plus écouté et plus épanouïe.
    Et je peux déjà dire que cette forme d’égoïsme fait du bien, penser à son bien être qui en découle forcément sur la vie de famille.
    Je te souhaite un bon saut dans l’inconnue et de trouver ta voix.

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  6. Charton dit :

    Je crois qu’on vie plus ou moins la même chose avec l’arrivée d’un enfant dans notre vie. Mon fils était en nounou du lundi ou vendredi de 7h30 à 18h30. Un super poste et très bon salaire. Mais je n’y étais pas bien et surtout cette boite était devenue tout ce que je détestais ! Et puis ma fille est arrivée et je n’avais pas du tout envie qu’elle passe plus de tps (comme mon fils) chez la nounou. Je voulais profiter des deux le plus possible. Du coup j’ai pris mes 2 ans de CP. J’ai beaucoup réfléchi et j’ai démissionné… je suis assistante maternelle depuis juillet 2108 et Je suis plus qu’épanouie 😀. Fais ce qu’il te semble le mieux et ne regrette pas.

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  7. UnPetitBoutDElise dit :

    Je ne peux que te comprendre et t’encourager ayant fait la même chose il y a peu de temps!
    Un boulot qui ne me rendait pas heureuse, des dimanches soir affreux à ne plus vouloir être le lundi et me gâcher mes week-end au lieu d’en profiter. Je suis longtemps resté sur le truc  » tu as un boulot estimes toi heureuse » puis finalement non j’étais pas heureuse même avec mon boulot!
    Après longue réflexion, car comme tu le dis l’argent ne vient pas tout seul et on prend cette décision en couple/ famille, on a décidé que je pouvais quitter mon job pour me délester d’un gros poids et savoir vraiment ce qui me rendait heureuse!
    Et aujourd’hui,’hui je revis même si c’est risqué et que parfois les réflexions sont pas cool je m’en fiche je suis en accord avec moi et mon mec aussi 🙂 mes journées sont bien chargées malgré tout je fais ce que j’aime et je m’occupe aussi de ma fille et je compte bien en profiter encore un peu 🙂
    Bref désolée de l’étalage de ma vie! Mais je suis de tout coeur avec ta décision!

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  8. ucgfm dit :

    Clarysse n’ayant pas encore 3 ans, peut-être peux-tu te mettre en congé parental et demander la PreParE auprès de la Caf ? Tu auras le droit à 6 mois d’indemnisation. Ce n’est pas très élevé cad 400 à 500€ selon les niveaux de revenus et le cumul avec la Paje mais ce sera toujours ça de pris ? Par contre, il faut savoir qu’on n’a pas le droit de travailler pendant un congé parental. Voici plus d’infos si tu en as besoin : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32485

    Moi c’est ce que j’ai fait suite à la naissance de ma poupette et vu mon mal être au travail (environnement toxique, les gens qui s’en allaient les uns après les autres dans mon équipe, certains en burn out et sous anxiolytiques). Mon mari pouvait passer un concours, je l’y ai poussé. Sauf que dans son cas, concours était synonyme de mutation. Ça m’a permis de faire un gros break et de profiter de ma fille au max.

    A l’heure actuelle, je cherche à nouveau du boulot. Je me suis rendue compte que j’aimais quand même mon job même si niveau quête de sens, on a vu mieux mais maintenant je sais ce que je ne suis plus prête à accepter, je crois que j’ai mûri 🙂

    Je te souhaite de trouver ta voie

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  9. Aurelie dit :

    Je rêverais d’avoir les c******s de faire ça ! Un jour peut-être…
    Nous vivons dans une société qui ne comprend pas le fait de se sentir mal dans son travail. Pour la majorité il faut travailler et puis c’est tout que tu sois heureux ou pas.
    En tout cas je suis très admirative de ceux qui arrivent à sauter le pas.
    Je n’ai qu’une chose à dire FÉLICITATIONS !

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  10. Magdaleina dit :

    Avant d’avoir ma fille je me plaisait dans mon boulot. Mon boulot était ma vie même si la dégradation de mes conditions de travail etait important. A la fin de mon congés maternité j’avais hâte de reprendre ma vie . Et puis j’ai très vite déchanté. J’aime mon boulot et ce que les patients me rendent. Mais je ne me reconnais pas. J’ai plus la même envie. J’ai de plus en plus de mal a me lever. L’ambiance du boulot n’aide pas. Ça se tire entre les pattes. Une horreur. Je pense de plus en plus à me reconvertir. Mais pour faire quoi? J’ai rêver de ce métier depuis l’âge de mes 5ans….

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  11. Fanny dit :

    Tu peux être fière de toi, car tu as su t’écouter
    Et je ne peux que te dire Félicitations parce que t’as eu les c**** de le faire
    Je suis admirative et ton témoignage m’a fait beaucoup réfléchir sur moi même car j’y pense sérieusement depuis quelques temps maintenant
    Je suis sure que tu sera une femme encore plus épanouie

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  12. Melissa dit :

    Coucou Sarah 🙂
    C’est courageux de ta part d’avoir osée sauter le pas.. 👏 🙏
    Je te souhaite de trouvé la voie qui t’épanouira pleinement.
    C’est vrais que l’arrivée d’un bébé change nos vison9, nos ressenti… J’ai l’impression..
    Je suis jeune maman de 26 ans d’un bébé de 5 mois, je ne mettais encore jamais posé de questions sur mon avenir professionnel avant d’avoir ma baby girl..
    Mes horaires son top je peux profiter de ma famille (7h/15h30 du lundi au vendredi ) 🔝
    Mais la cadence du boulot m’épuise (restaurant collective 2500 couverts.. )
    Enfin à voir par la suite…
    Pour le moment’je ne suis pas au stade à venir à reculons..
    Mais je me. Pause de plus en plus de question..
    Merci de ton article 😊
    Bonne soirée

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  13. Carine dit :

    Salut Sarah,
    Merci pour cet article (et aussi tout les autres!).
    J’ai 32 ans, je suis à 3 semaines d’accoucher et je me retrouve dans pas mal de choses que tu évoques. J’ai toujours bossé et j’ai eu la chance de choisir mes études. A 22 ans, j’ai commencé à travailler dans le domaine du travail social : un métier « gratifiant », mais mal payé,parfois violent, peu reconnu par la société et soumis aux politiques… Après 9 ans et des évènements personnels qui ont transformé mon rapport à la vie, j’ai décidé de devenir chef de service il y a un an (toujours dans le social) dans un centre d’hébergement pour demandeurs d’asile. J’y ai appris beaucoup de choses avec pas mal de pressions mais toujours dans les mêmes conditions.
    Du coup, je reste partagée entre ce que j’aime faire et la réalité (pression, bas salaire, impact des politiques etc…). J’ai décidé de prendre un congé parental total pour voir… et je pense que dans tous les cas, l’arrivée d’un(e) mini-nous va profondément transformer nos priorités.
    Je te souhaite de trouver ce qui te fait vibrer et surtout de trouver un équilibre perso/pro qui te convienne; car au fond ce qu’il y a de plus important dans la vie, c’est la santé et ceux qu’on aime 🙂

    Carine

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